Description du projet

À l’HEURE OU L’HOMME DEVIENT L’ÉTRANGER

PAYSAGES NOCTURNES

Ambiances de la nuit. Peu habitué que l’on est, il faut bien l’avouer, tout devient étrange, décalé. Les lieux que l’on croyait pourtant connaitre par cœur nous échappent, pressés de nous faire comprendre qu’ils ont leur vie propre. La vie ? Elle est là justement, plus que jamais. Elle grouille. Ce sont les bruits, nombreux, un peu inquiétants, dont on a du mal à identifier la source. Dès que l’on s’aventure dans des territoires plus sauvages, tout se complique : Plus de repères, notre vision si peu adaptée, que nous tentons de compenser par un artifice technologique (la fameuse « frontale »), bien indispensable, mais qui nous marque définitivement comme l’étranger, l’intrus.

Notre réflexe de survie nous amène à rester en terrain découvert, où nous nous sentons instinctivement plus en sécurité. Si le temps est clair, c’est alors la voute céleste qui nous assaille de son merveilleux spectacle. Là, contrairement aux animaux, et parce que nous avons appris quelques minuscules bribes de la structure de l’univers, nous sommes confrontés à l’immensité absolue, à l’infini. Nous contemplons des étoiles qui, pour certaines, n’existent plus, tandis que d’autres sont nées, que nous ne pouvons encore observer tant elles sont éloignées. Suivant l’heure, nous pouvons admirer la Voie Lactée, notre galaxie. Le spectacle est merveilleux et envoutant, il suscite tant de questions sans réponses.

« La nuit venue, l’athée cède presque à la tentation de croire en Dieu. » (Edward Young)

Les photographes, quant à eux, n’ont évidemment qu’une idée en tête : Rendre compte. Quelle audace ! quelle prétention ! Comment rendre compte de l’univers avec un petit capteur de 24mm sur 36mm dans le meilleur des cas ? Mais bon, comme l’exercice est à la mode et qu’il semble permettre des résultats assez flatteurs, je vais quand même m’y essayer, moi aussi.

Voilà le but de cette galerie, pour le moment encore très peu fournie.

La photographie de paysage avec voute céleste est techniquement un peu particulière et demande un certain travail. En effet, si les capteurs des appareils photo numériques ont fait d’énormes progrès, ils sont encore limités par rapport au défi à relever.  Aussi, afin d’enregistrer un maximum d’étoiles sans faire de confusion avec ce que l’on nomme le « bruit numérique », il faut mettre en œuvre (en les adaptant) les techniques d’astrophotographie. Grosso modo, cela consiste à prendre non pas une, mais plusieurs photos du même sujet (avec exactement le même cadrage) en pose longue mais pas trop, de les « empiler » grâce à des logiciels spécifiques, et enfin assurer un post-traitement avec un logiciel de traitement d’image gérant les « couches ».

MA PREMIÈRE PHOTO DE PAYSAGE DE NUIT

Pour cette première tentative, je vous propose deux versions de la même photographie de paysage nocturne avec la Voie Lactée. Pour chacune d’elles, la même série de 6 photos a été utilisée. Seul le traitement diffère notablement (des logiciels spécialisés différents ont été utilisés pour l’empilement). Comme vous pouvez le constater, le rendu final est aussi sensiblement différent. C’est pourquoi je vous propose de VOTER pour celle de ces deux photos qui vous convient le mieux, juste en cliquant sur le cœur [♥] en bas à droite de la photo choisie.

Et bien sûr, plus apprécié encore, vous pouvez laisser un commentaire !

Pour voir une photo en grand format, cliquez sur celle-ci pour activer la visionneuse. En savoir plus.

Bien que plutôt photographe naturaliste, mes seules réalisations en photo nocturne se résument pour le moment aux quelques paysages ci-dessus.

Mais je ne résiste pas au plaisir de vous proposer de découvrir le magnifique travail d’un autre photographe. Lui, parvient à photographier les animaux sauvages de nuit (ou plus précisément au crépuscule), entièrement en lumière naturelle. Et pas n’importe quels animaux : Le lynx boréal ! Ce photographe, c’est Neil VILLARD, qui vient de publier un livre absolument magnifique, « Crépuscules« . Pour découvrir l’homme et le livre, c’est ici.

Hommage à Alain BASHUNG : La nuit je mens

La vie, c’est comme ça. Si elle nous parait résulter d’une suite de coïncidences, c’est parce que nous oublions les millions de pistes qui n’ont pas abouti. Notre histoire est le seul récit que nous pouvons reconstituer. Voilà pourquoi elle nous semble si extraordinaire.
Hubert Reeves
Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit.
Khalil Gibran
On m’a dit : Tu n’es que cendre et poussières. On a oublié de me dire qu’il s’agissait de poussières d’étoiles.
Hubert Reeves
La nuit, on pense mieux, la tête est moins pleine de bruit.
Victor Hugo
Dans quelques décennies, nous ne serons plus, mais nos atomes existeront toujours, poursuivant ailleurs l’élaboration du monde.
Hubert Reeves
Le silence est pour les oreilles ce que la nuit est pour les yeux.
Pascal Quignard