La photographie ci-dessus est de Aris MESSINIS, de l’AFP.

Ici, au nom de je ne sais quelle interprétation pervertie de leur religion, des barbares fanatiques commettent des attentats pour tuer le maximum de personnes autours d’eux, soupçonnées de l’inexcusable faute d’être des mécréants.

Là, de malheureux migrants meurent en tentant d’échapper au pire, comme le dit (et le montre) le photographe Aris Messinis : « Nous parlons de gens qui fuient la guerre, et qui meurent dans un pays en paix… Ils survivent à la guerre et meurent dans la paix ! »

Réchauffement climatique, croissance démographique mondiale incontrôlée, tarissement actuel ou programmé de ressources naturelles vitales, pollution, apprentis-sorciers qui jouent avec l’atome, la génétique, la biologie ou la chimie, fanatismes religieux, montée de l’intolérance et des communautarismes, replis identitaires, mondialisation de la concurrence, accroissement insensé des inégalités, paupérisation extrême de régions, pour ne pas dire de continents entiers, … mais toujours plus de profits pour une minorité toujours plus puissante. C’est une folie collective qui gagne.

Le monde va mal, très mal. Et même si, depuis le début de l’histoire de l’humanité, ça n’a jamais été la petite maison dans la prairie, même si elle a déjà connu maintes convulsions, chacune d’elle apparaissant pire que tout, l’humanité pourrait bien être arrivée à un tournant de son histoire, et le danger de sa survie à terme n’a sans doute jamais été aussi grand qu’à cette époque, notre époque.

En réponse à cette situation, politiquement, c’est la lâcheté ou le cynisme qui sont trop souvent de mise. Sur le fumier de nos sociétés occidentales en décomposition qui se shootent à la conso, prospère évidemment la peste brune, celle au sujet de laquelle, il n’y a pas si longtemps encore, le discours dominant était « Plus jamais ça » .

Pourtant un peut partout aussi, des hommes et femmes de bonne volonté, des obscurs, des sans grades, des qui n’ont pourtant pas grand chose à donner, réagissent, s’indignent, essaient de s’organiser, tendent la main. Ils ne sont pas, c’est sûr, les plus nombreux.

En octobre 1862, Henry Dunant (alors futur fondateur de la Croix Rouge et premier prix Nobel de la paix) publiait un livre « Un souvenir de Solférino » dans lequel il écrivait :

Henry DUNANT

« Seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent » .

Espérons qu’il existe encore de nombreuses personnes de cette veine de par le monde. En attendant, si l’on peut mettre un sourire sur le visage d’un enfant malheureux … un enfant échappé par miracle à la noyade en Méditerranée, par exemple.

Je vous convie à lire mon précédent article : Migrants, mes frères.